Au fil du temps...

Noël

Un enfant, une étoile

 

En ce soir loin de tout, le froid saisissant de la nuit enveloppait de son épais manteau les rues grises et luisantes de cette ville sans nom. Au loin brillait une lumière diffuse. Une maison bourgeoise laissait s'échapper de sa cheminée une fumée qui s'élevait tout droit vers le ciel.

Un vieil homme sans abri gisait là, recroquevillé dans une redingote en loque. Soudain des rires de joie et d'allégresse déchiraient la nuit. Une kyrielle d'enfants joyeux dansant et chantant, revenaient de la messe de minuit.

Arrivés à la hauteur du vieillard, une jeune enfant aux couettes souriantes s’arrêta net de chanter et reprit sa route en courant vers la maison cossue.

Quelques minutes plus tard, on entendit dans la noirceur glaciale, une petite voix :

- Monsieur, Monsieur, tenez, c'est pour vous.

La jeune enfant revenue sur ses pas, tenait dans ses mains une grosse brioche encore chaude.

- Oh merci petite, déclara l'homme surpris de tant de générosité.

- Joyeux Noël Monsieur, lui dit-elle.

La petite repartit dans le brouillard épais de la nuit de la ville sans nom.

Seule une étoile se mit à briller au-dessus du vieil homme.

Noël fut ce jour-là, la plus belle fête des enfants.

 

Paul Péret-Meyssan

Pâques

On dirait que notre monde a du mal à supporter le bien. Le bien doit parfois se cacher pour survivre. Souvent, il tombe dans l’oubli, pour ne pas dire qu’il est nié, voire banni. La souffrance des gens tient souvent au fait que malgré leurs intentions les meilleures, le zèle de leur engagement, ils se retrouvent en marge de la société.

Cette question nous amène au cœur de ce que nous célébrons aujourd'hui : la Résurrection de Jésus. Le Vendredi Saint, il fallait que Jésus disparaisse car il était littéralement « trop bon pour ce monde ». Ce qu’il était et ce qu’il faisait était devenu insupportable. Non parce c’était mal, mais au contraire parce que c’était bon. Jésus aurait pu se sauver lui-même. Il aurait pu s’arranger pour ne pas souffrir. Mais son histoire unique se serait alors arrêtée là. La croix fut son dernier refuge et pour cette raison son dernier choix. Il décida lui-même d'aller à Jérusalem et de porter sa croix jusqu’au bout.

Mais est-ce sur cette croix qu’il est apparu pour la dernière fois ?

En ce matin de Pâques, nous célébrons Jésus relevé d’entre les morts par le Père, par la force de L’Esprit. Tout ce bien, qui avait conduit Jésus en marge de la société et l’avait mené à la croix, ne s’est pas heurté à un mur. Non : sur la croix tout ce bien s’est déversé dans les mains du Père, qui l’a recueilli et l’a transfiguré. Ce qu’était Jésus, ce qui faisait de lui la figure du Père, le Père l’a extirpé de l’incompréhension de ce monde pour le mener à sa transfiguration. Là où la vie s’arrêtait, il l’a fait renaître. Là où se dressait un mur, il a ouvert un nouvel horizon. D’abord pour Jésus, mais aussi pour chacun de nous.

Pâques n’est pas seulement la Résurrection de Jésus. Il est le premier de cette nouvelle création, mais non le dernier. La Résurrection de Jésus marque l’avènement d’un temps nouveau pour lui et pour nous. Celui qui est repoussé et banni dans ce monde peut plonger son regard dans celui du Ressuscité. Il nous rassemble et s’adresse à nous. Il nous emmène sur ce chemin qu’il a déjà lui-même parcouru.

Voulez-vous contempler le meilleur de ce monde ? Vous le trouverez bien souvent en marge de notre société. Les fleurs les plus belles fleurissent où on les attend le moins. Tout comme ces narcisses, ces fleurs de la saison pascale, presque perdues en marge des chemins. Elles y ont bien leur place. Toute vérité et tout bien de ce monde sera reconnu et atteindra sa plénitude dans le visage du Ressuscité. C’est notre espoir et notre joie en ce jour.

1er Mai

Le 1er mai était autrefois, en Europe, dédié à l'amour. Ce jour-là, il était coutumier de se coiffer d'une couronne de feuillages et de fleurs ou d'en offrir une à la personne aimée. La célèbre enluminure ci-contre illustre le mois de mai dans les Très riches Heures du duc de Berry, un livre de prières réalisé au début du XVe siècle par les frères de Limbourg (aujourd'hui au musée de Chantilly).

La ballade ci-dessous a été composée par Charles d'Orléans, poète de la même époque, héros malheureux de la bataille d'Azincourt

« Le Dieu d'Amour est coutumier,
À ce jour, de fête tenir,
Pour amoureux coeurs fêter
Qui désirent de le servir;
Pour ce fait, les arbres couvrir
De fleurs et les champs de vert gai,
Pour la fête plus embellir,
Ce premier jour du mois de mai »
.

Les écoliers de certains régions de Belgique ou de Rhénanie cultivent encore la tradition des couronnes de feuillages. Le 1er mai donne aussi lieu à des réjouissances en l'honneur du printemps selon le rite ancestral de l'arbre de mai, que l'on retrouve dans différentes régions d'Europe. À noter que le canton de Fribourg, en Suisse, célèbre ce jour-là le printemps avec chants et distribution de friandises aux enfants.

Mais aujourd'hui, c'est le plus souvent le travail ou plutôt la diminution du temps de travail qu'évoque le 1er mai avec la Fête du Travail.

La fête nationale du 14 juillet

Tout commence le 14 juillet 1789 avec la prise de la Bastille, une manifestation qui a mal tourné. Des émeutiers parisiens, surexcités par l'hypothétique menace d'une attaque des troupes royales, vont chercher de la poudre et des munitions à la Bastille. Le gouverneur de la vieille forteresse, au lieu de résister comme il en a pleinement la possibilité, accepte de se rendre. Mal lui en prend. Ses hommes sont massacrés. Lui-même, blessé à l'épaule, traîné dans les rues, est achevé à coup de baïonnettes et sa tête plantée au bout d'une pique.

Malgré son caractère odieux, cette émeute prend aussitôt dans l'esprit des Parisiens figure de victoire sur le despotisme.  Un entrepreneur se hâte de détruire la Bastille sans en référer à quiconque et les pierres deviennent objet de collection et de culte...

Un an plus tard, les Français choisissent le premier anniversaire de ce jour pour célébrer le triomphe pacifique de la Révolution par une grande fête sur le Champ de Mars. Y participent dans l'enthousiasme 260.000 Parisiens ainsi que le roi, la reine et des délégués de tous les départements. Cette Fête de la Fédération consacre le succès éphémère de la monarchie constitutionnelle et l'union de tous les Français.

La célébration du 14 juillet est ensuite délaissée au profit de multiples commémorations révolutionnaires, par exemple l'anniversaire du 1er Vendémiaire An I de la République (22 septembre 1792). Sous l'Empire, on lui préfère la Saint-Napoléon (15 août) ! Elle est enfin complètement  abandonnée sous la Restauration monarchique, de 1815 à 1848.

Armistice du 11 novembre 1918

La signature de l’armistice de la Première Guerre mondiale (1914-1918), le 11 novembre à 5h15, marque la fin des combats et la capitulation de l’Allemagne. Le cessez-le-feu est effectif à onze heures, entraînant dans l’ensemble du pays des volées de cloches et des sonneries de clairons annonçant la fin d’une guerre qui aura laissé plus de huit millions de morts et six millions d’invalides ou de mutilés. Les généraux allemands et alliés se réunirent dans un wagon-restaurant aménagé du général Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.

Chronologie

Depuis l’échec des combats allemands en juin et juillet 1918, le renfort des alliés américains et anglais retira à l’Allemagne tout espoir de victoire. En outre, la révolution ouvrière de Berlin précipita le pays dans la tourmente. Durant le mois d’octobre, les Allemands et le président américain Wilson échangèrent des notes dans lesquelles ce dernier fut chargé, dans la lignée de ses quatorze points proposés en janvier dans un discours retentissant, de prendre en main le rétablissement de la paix.

Le 3 octobre 1918, l’empereur Guillaume II nomma un nouveau chancelier : Max de Bade. Mais cela ne suffit pas à contrôler le pays, dont de nombreux marins et soldats refusèrent d’aller au combat, en particulier à Kiel. Le 7 novembre, le commandant Paul von Hindenburg, chef de l’État-Major allemand, avait proposé à Foch une rencontre.

Cinq voitures traversèrent sous escorte la zone dévastée du nord de la France pour se rendre au lieu de rencontre jusque là tenu secret. Durant les trois jours, les Allemands n’eurent que peu d’occasions de véritablement négocier. Ils durent rapidement se plier aux conditions développées dans un texte qui leur fut soumis. Ce texte avait été établi en dernier lieu par Foch, au titre de commandant suprême des forces alliées, après un mois de positions divergentes de Wilson, Clemenceau, Orlando et Lloyd George.

Le 9 novembre, le Prince de Bade conseilla au Kaiser l’abdication. Celui-ci partit en exil en Hollande. Cet événement fut un élément de pression important vis-à-vis des délégués allemands réunis dans le wagon de Compiègne. Le lendemain, le nouveau chef du gouvernement allemand, Friedrich Ebert, signa un pacte avec les dirigeants de son armée et implora son représentant à Rethondes de clore sans tarder les négociations.

Le 11 novembre, l’Armistice fut signé, pour une durée de 36 jours. À la suite de cet armistice fut signé le traité de Versailles, le 28 juin 1919.

Hommages

Le 11 novembre 1920 apparut l’idée de rendre hommage aux soldats morts pour la France mais non identifiés. La dépouille mortelle d’un soldat de Verdun fut inhumé sous l’Arc de Triomphe.

Ce n’est que trois ans plus tard que fut allumé la flamme qui ne s’éteint jamais, donnant au tombeau du soldat inconnu une forte portée symbolique et politique.

Le 11 novembre est un jour férié en France (jour du souvenir depuis la loi du 24 octobre 1922), en Belgique et au Canada. Aux États-Unis et dans les pays du Commonwealth, sa commémoration a été étendue à tous les vétérans de guerre.

Participants

Du côté des alliés, des militaires :

* Général Ferdinand Foch, commandant suprême des forces alliées

* Amiral Rosslyn Wemyss, représentant britannique

* Général Weygand, chef d’état-major de Foch

Du côté allemand, le représentant plénipotentiaire était civil, assisté de conseillers militaires :

* Matthias Erzberger, représentant du gouvernement allemand

* Comte Alfred von Oberndorff, représentant le ministère des affaires étrangères allemand

* Général Detlof von Winterfeldt, armée allemande

* Général von Gruennel, armée allemande

* Capitaine Ernst Vanselow, marine allemande

Les principales clauses

* A) Sur le front d’occident

o I) Cessation des hostilités, sur terre et dans les airs, six heures après la signature de l’Armistice.

o II) Évacuation immédiate des pays envahis : Belgique, France, Luxembourg, ainsi que de l’Alsace-Lorraine, réglée de manière à être réalisée dans un délai de quinze jours à dater de la signature de l’armistice.

o IV) Abandon par les armées allemandes du matériel de guerre en bon état.

o VI) Dans tous les territoires évacués par l’ennemi, toute évacuation des habitants sera interdite ; il ne sera apporté aucun dommage ou préjudice à la personne ou à la propriété des habitants. Personne ne sera poursuivi pour délit de participation à des mesures de guerre antérieures à la signature de l’Armistice. Il ne sera fait aucune destruction d’aucune sorte.

o VII) Il sera livré aux puissances associées : 5 000 machines montées et 150 000 wagons en bon état de roulement et 5.000 camions automobiles en bon état.

* B) Dispositions relatives aux frontières orientales de l’Allemagne.

o XII) Toutes les troupes allemandes qui se trouvent actuellement dans les territoires qui faisaient partie avant guerre de l’Autriche-Hongrie, de la Roumanie, de la Turquie, doivent rentrer immédiatement dans les frontières de l’Allemagne telles qu’elles étaient au 1er août 1914. Toutes les troupes allemandes qui se trouvent actuellement dans les territoires qui faisaient partie avant la guerre de la Russie devront également rentrer dans les frontières de l’Allemagne définies comme ci-dessus, dès que les Alliés jugeront le moment venu, compte tenu de la situation intérieure de ces territoires.

* C) Dans l’Afrique orientale.

o XVII) Évacuation de toutes les forces allemandes opérant dans l’Afrique orientale dans un délai réglé par les Alliés.

* F) Clauses navales.

o XXII) Livraison aux Alliés et aux États-Unis de tous les sous-marins.
* G) Durée de l’armistice.

o XXXIV) La durée de l’armistice est fixe à trente-six jours, avec faculté de prolongation.