Vidéos-Clichés de ses romans

L'ÂME DES COQUELICOTS
De retour au château, il rejoint le seul endroit qu'il affectionne et qui pour lui représente, depuis tout petit, son refuge. Le grand champ de coquelicots, plus éclatant que jamais, inonde tout entier cet être fragile et tellement meurtri. Abandonné par le sort qui s'est abattu sur celle qui savait l'écouter, le comprendre et le conseiller, les larmes de ses yeux brouillent le rougeoiement de ces fleurs qu'il aimait cueillir pour elle. Dans cet environnement, sans retenue, il s'étale de tout son long, laissant son corps se déployer sur cette terre porteuse des fruits de la vie. Perdu dans les nuages qui défilent tels ces êtres que l'on ne peut retenir, il ressent, dans une sorte de communion, la force de poursuivre sa route.
Dans "Chemin de destinées" (1er Prix de Littérature 2016 des Arts et Lettres De France)
"Par une belle journée sans trop de nuages, partant de leurs camps opposés, les champions viennent se provoquer et se combattre. Tels de valeureux chevaliers, ils lancent alors leurs joutes aux tournois des avions dans le bleu de ce début septembre 1917. Une extraordinaire partie commence alors, au milieu d'un ciel moutonné. Paul-Simon dans le bruit de son moteur, fixe et balaye l'horizon. Il s'élève au-dessus des nuages, mais très vite le soleil blanc l'aveugle. La luminosité l'empêche de fixer ce qu'il croit entrevoir. Soudain, comme sortis de nulle part, des points noirs se mettent à grossir et à se multiplier. Très vite, le capitaine comprend qu'une armada est en train de déferler dans sa direction."
Dans "Nature humaine"
Qu’en est-il de nous ? Un fourvoiement, une tempête qui déferle sur notre planète, et qui déplaît aux dieux ? Ou bien sommes-nous le couronnement de la Création, un franchissement, un espoir de grandeur, un chemin vers le bien ?...
Dans "Tournant d'une bataille à Eisenberg"
"Dès l'entrée des Russes à Jennersdorf, nous sentîmes que l'heure était venue de fuir et de tenter notre chance. Claude et moi, accompagnés de quatre ou cinq gars, profitâmes de la pagaille et de l'affolement de tous pour partir. Partir vers les montagnes, à un peu plus de cinq kilomètres de là, avions-nous décidé. Sans nous retourner ni nous poser des questions, en un instant nous déguerpissions. N'est-il pas des points de non-retour qu'il faut savoir atteindre ?"
Dans "Les écureuils de mon enfance"
"D’un pas léger, nous franchissons le pont, et arrivés sur l’autre rive, l’émotion nous submerge. Le silence accompagne alors la vision magnifique qui s’offre à nous. La nature revêtue de sa splendide robe automnale scintille de mille feux sous un doux soleil qui nous caresse. Dans un subtil cocktail, la forêt de pins et de chênes se mêle au sable blond de la plage que nous foulons. Face à la mer qui n’en finit pas de monter, les souvenirs me reviennent en mémoire. L’esprit de nos anciens a sauvé l'essentiel et, en ce samedi d’automne, assis sur un banc du square, j’observe le vent égrener les branches du grand chêne qui résiste aux saisons qui passent. Là, passe un enfant courant derrière son cerf-volant qui s’envole dans les nuages de mon enfance."
Dans "La magie du sapin de Pâques"
"C’est alors que le clairon du 1er régiment de chasseurs de Carrie de Boissy sonne la charge. Telle une immense vague verte, les cavaliers surgissent de la forêt de sapins, s’ébranlent au galop sous le cri de « Chargez ! ». Dans le même instant, venant de l’est, le trompette du 4e régiment de hussards de Suchet, tout de rouge vêtu jusqu’au plumet, à l’exception de son shako bleu, sonne la charge à son tour. Une nuée rouge et or balaye tout sur son passage. Les hussards s’élancent à bride abattue et sabres au clair. Dans le même temps, les batteries d’artillerie de la garde crachent le feu et vomissent boulets, obus et ferraille au-delà des lignes ennemies. Les grottes les plus reculées dans la montagne connaissent un bombardement intensif, des grappes d’individus en sortent et se dispersent sous le feu qui les réduit à néant. La surprise est totale. Les guerriers en quête du trésor sont stupéfaits et littéralement pétrifiés par le double effet de surprise. Ils ne pensaient pas être attendus et de plus, être attaqués par des soldats vieux de deux siècles. Ils sont condamnés à périr sur place ou à avancer vers une mort certaine. Leurs deux flancs explosent sous la pression conjointe des chasseurs et des hussards. Leurs arrières ne sont que déluge de feu qui empêche le repli, fût-il stratégique. L’artillerie de Drouot cloue sur place les fuyards."